Maison E&M
Extension | 20 m² | Rénovation | 73 m²
50 000 € | Toulouse (31)
À l’annonce d’un troisième futur heureux événement, Éric et Marie se disent que leur maison ne sera plus assez grande ni fonctionnelle pour abriter, choyer et cocooner tout ce petit monde.
Ils pensent alors à revendre leur bien pour en acquérir un autre plus spacieux, mais la pression immobilière à Toulouse est telle qu’ils y renoncent assez vite. D’autant plus que leur habitation ne semble pas dépourvue d’avantages et de potentiel, comme je leur fais remarquer, lors d’une discussion téléphonique, car Éric et Marie sont des amis de longue date.
Ils en concluent : « Il va falloir pousser les murs ! »
Naturellement, ils se tournent vers moi et par là-même, vers @rchiCOOL Collectif, pour leur trouver une solution rapide, fonctionnelle et respectant leurs contraintes financières…
Le programme est le suivant : une chambre, un sanitaire, une salle de bains, un bureau, une salle à manger et un abri jardin en plus, tout en gardant la fonction d’un salon et en ménageant au maximum l’espace du jardin étroit.
Pousser les murs n’est pas envisageable bien sûr, il faut donc créer une extension.
Le collectif au complet se réunit et procède à une analyse :
La maison se situe en fond d’impasse et fait partie d’un ensemble de cinq maisons mitoyennes identiques. Elles sont toutes implantées en bordure de parcelle le long de la voierie, qui donne sur la rue des Frênes, cheminant à travers un quartier pavillonnaire parsemé des quelques immeubles bas. À quelques centaines de mètres, se trouvent l’axe routier Sud de la ville bordé de commerces (qui mène vers le centre-ville toulousain), ainsi que la station de métro Faculté de Pharmacie de la ligne B et l’entrée Sud de la rocade.
L’habitation est une construction des années 1990, de type F4, d’environ 73 m², orientée nord-ouest/sud-est, qui se développe sur deux niveaux. Chaque niveau est décomposé en volumes de hauteurs différentes ; l’ensemble est couvert d’un enduit clair et d’une toiture en tuile, posé sur une bande étroite de terrain qui file au-delà de la limite du pignon sud-ouest.
Au premier étage de la bâtisse se trouvent trois chambres (dont une sert de bureau) et une salle de bains. Au rez-de-chaussée, l’entrée donne sur un sanitaire, l’escalier d’accès au second niveau, et en enfilade, côté est et côté jardin, sont disposés un salon, une petite salle de jeux et une cuisine (à la place de l’ancien garage).
Après l’étude du contexte, de l’implantation de la maison sur sa parcelle, de l’ensoleillement et un petit brain storming, la distribution des pièces du rez-de-chaussée est revue entièrement et une extension de 20 m2 est dessinée dans le prolongement plain-pied du bâti existant à l’est sans trop empiéter sur le jardin au sud.
Outre ce choix d’implantation qui prend le parti de la continuité, celui qui a été fait pour le système constructif et le traitement de façade est celui de la diversité : il s’agit en effet de donner à cette extension une écriture contemporaine tout en l’intégrant délicatement dans le tissu urbain à travers un choix de matériaux et de tons naturels. De plus, afin de proposer une atmosphère jouant avec les sensations faisant écho aux cabanes de notre enfance, et clin d’œil aux petits habitants de la maison, alliant rapidité d’exécution et budget, l’extension sera construite en ossature bois, elle-même recouverte d’un bardage bois vertical.
Cette structure, composée de montants, remplie d’isolant en laine de bois, est fermée côté intérieur par des plaques de fermacell et des panneaux d’OSB (qui serviront aussi de contreventement) et côté extérieur par de l’isolant rigide en fibre de bois, sur lequel viennent se poser le pare-pluie, le contre-lattage, puis le bardage bois en claire-voie. Ce complexe formant les murs de l’extension, repose sur un muret de soubassement protégé par un enduit hydrofuge, le tout sur un radier isolé. Vient ensuite compléter l’ensemble, la toiture réalisée en membrane polyoléfine recouvrant un isolant rigide, un pare-vapeur et de nouveau des panneaux d’OSB, portée par un solivage de poutre bois en I.
Ainsi, cette volumétrie basse reprend le même degré d’inclinaison de toiture que la maison. Côté rue, façade percée d’une baie vitrée rectangulaire, et mur de l’abri jardin-garage à vélos dissimulant un accès à la parcelle, se confondent dans cette même matérialité.
Côté jardin, le bardage bois en claire-voie, les liteaux de bois de fine section espacés de quelques centimètres, laissent entrevoir de larges ouvertures dans ce volume et viennent envelopper une partie du bâti existant, matérialisant les nouvelles fonctions.
De plain-pied, l’extension est en prise directe avec l’extérieur grâce à de grandes baies vitrées, laissant entrer généreusement la lumière naturelle. Les châssis en aluminium et sombres sont cohérents avec l’ensemble des décisions prises par la famille désireuse de s’offrir un nouvel espace de vie à la fois sobre et remarquable, protégeant l’intimité du jardin.
Il a été porté une attention toute particulière à l’utilisation de matériaux sains et peu impactant pour l’environnement, ainsi que de l’isolement thermique pour construire une extension de qualité, d’écriture contemporaine, délicate mais non sans caractère.
Après trois mois et demi de travaux, toute la petite famille vient s’installer dans son nouvel habitat. À l’usage, Éric et Marie, ainsi que leurs trois garçons manifestent une vraie satisfaction et un réel bonheur de vivre leurs espaces, baignés de lumière et remplis de rires… une belle façon de continuer d’écrire leur histoire avec leur maison.